Mais Adrien Moignard ne va jamais rester enfermé dans une seule esthétique. À l’héritage de Django viennent s’ajouter d’autres influences : George Benson, Pat Metheny, Biréli Lagrène, mais aussi tout le vocabulaire du jazz moderne.

Né en 1985, Adrien découvre la guitare à l’âge de 12 ans. Et son parcours est assez étonnant puisqu’il est essentiellement autodidacte. Avant Django, il y a d’abord le rock et le blues. Puis, à l’adolescence, il découvre la musique de Django Reinhardt et Stéphane Grappelli. C’est le déclic. Il se fait notamment connaître avec le collectif Selmer , qui réunit quelques-uns des grands talents de la nouvelle génération de guitaristes jazz manouche.

Au fil des années, Adrien Moignard va croiser et accompagner de très nombreux musiciens : Didier Lockwood, Biréli Lagrène, Cyrille Aimée, Sanseverino, Anne Ducros, sans oublier Richard Galliano, dont il est devenu un partenaire régulier sur les scènes internationales. Après Bright Up en 2021 et Django’s Songs en 2023, Adrien Moignard revient en 2026 avec un très bel album : Miroirs.

Et le titre est particulièrement bien choisi, parce que cet album semble justement refléter les différentes facettes de son univers musical. On y retrouve le swing manouche bien sûr, mais avec une vraie liberté dans le choix du répertoire : Django n’est jamais très loin, mais Charlie Parker, Cole Porter, Sidney Bechet, George Benson ou même Jean-Jacques Goldman viennent également se glisser dans le programme. Pour Miroirs, Adrien Moignard est entouré de Benji Winterstein et Julien Cattiaux aux guitares rythmiques, et de Fabricio Nicolas-Garcia à la contrebasse.

Deux invités viennent également enrichir l’album : le saxophoniste Baptiste Herbin et la chanteuse Anne Sila. Parmi les 14 titres, on retrouve notamment Yardbird Suite de Charlie Parker, Night and Day de Cole Porter, Si tu vois ma mère de Sidney Bechet, mais aussi plusieurs compositions d’Adrien Moignard. Le morceau Miroirs, qui donne son titre à l’album, est quant à lui une composition de Babik Reinhardt, le fils de Django. Et puis il y a une rencontre plus inattendue avec la chanson française : S’il suffisait d’aimer, de Jean-Jacques Goldman.

Enfin, à découvrir également, Reste, une composition d’Adrien Moignard interprétée avec la voix d’Anne Sila. Avec Miroirs, Adrien Moignard montre finalement que l’on peut être profondément attaché à la tradition de Django tout en faisant vivre cette musique au présent. Une guitare virtuose, bien sûr, mais surtout beaucoup de swing, de lyrisme et cette envie permanente de faire dialoguer les styles.