Il est des albums qui ne se contentent pas de revisiter des chansons, mais qui leur offrent une seconde vie, une nouvelle respiration. C’est précisément ce que nous propose le grand pianiste Herbie Hancock avec River: The Joni Letters, paru en 2007 chez Verve Records. Avec cet album, Herbie Hancock rend un hommage vibrant à l’une des plus grandes artistes de la chanson américaine
Joni Mitchell, dont l’univers poétique et musical a toujours entretenu des liens étroits avec le jazz. Mais attention, il ne s’agit pas simplement d’un album de reprises ! Hancock s’empare de ces mélodies avec une liberté extraordinaire, les transforme, les réinvente et les enveloppe d’harmonies subtiles, parfois impressionnistes. Pour cette aventure musicale, il s’entoure de musiciens d’exception : Wayne Shorter au saxophone, Dave Holland à la contrebasse, Lionel Loueke à la guitare et Vinnie Colaiuta à la batterie. Et puis, il y a les voix… Des voix magnifiques, singulières, comme celles de
Norah Jones, Tina Turner, Corinne Bailey Rae, Luciana Souza, Leonard Cohen, sans oublier Joni Mitchell elle-même. L’album nous entraîne dans un univers où le jazz dialogue avec la folk, la poésie et l’improvisation. On y découvre notamment Court and Spark, Amelia, Both Sides Now ou encore The Tea Leaf Prophecy. En 2008, River: The Joni Letters remporte le prestigieux Grammy Award de l’album de l’année, une distinction raris ime pour un disque de jazz. C’est un album d’une élégance exceptionnelle, où chaque silence compte autant que chaque note. Alors, installez-vous confortablement… Fermez les yeux et laissez-vous porter par cette rivière musicale, entre émotion, liberté et raffinement.

